Bilan après plus de six mois d’école dehors

Nous avions assisté à l’une des premières séances d’école dehors d’Anne-Lise Groleaz. À un peu plus de mi-parcours de son année scolaire, elle fait le point sur cette pratique.

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Qu’est-ce qui vous a motivée à vous lancer dans l’école dehors ?

Dans mon ancienne école, certains de mes collègues pratiquaient déjà et ça me donnait envie. J’ai l’impression que les enfants de ma génération passaient plus de temps à l’extérieur. J’ai le souvenir d’avoir beaucoup joué dehors, avec ma sœur, à inventer des histoires, à faire du vélo... Et pourtant, j’étais citadine ! Il me semble que ça s’est un peu perdu et que les enfants sont plus des enfants d’intérieur, aujourd’hui. J’avais envie de permettre à mes élèves d’être davantage au contact de la nature et d’apprendre autrement, sans être forcément assis, sans devoir forcément écrire. J’espérais aussi que ça puisse aider ceux qui sont atteints de troubles de l’apprentissage. Pour toutes ces raisons, j’ai commencé à m’informer et à envisager de m’y mettre. Je me suis lancée en arrivant dans ce nouvel établissement.

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Comment préparez-vous vos séances ?

Je n’ai pas encore tous les automatismes, et préparer une séance dehors me demande plus de temps qu’une séance traditionnelle. Je trouve beaucoup d’inspiration dans le livre *L’École à ciel ouvert**, tout comme La Salamandre. Les groupes Facebook de partage d’idées et de retours d’expériences entre collègues sont également très précieux. On y expose les séances qu’on a faites, on liste ce qui a marché, ce qui n’a pas marché, et chacun y va de sa suggestion, de ses conseils. Et j’écoute aussi les idées des élèves. En tout début d’année scolaire, je les avais questionnés : « à votre avis, c’est quoi, l’école dehors ? » Pour eux, il était clair qu’on allait cultiver un potager dans la cour. Ce ne sera pas le cas, mais on va quand même faire des plantations, dans des briques de jus de fruits détournées, pour la fête des mères. Je compte leur faire choisir les espèces qu’ils planteront : j’essaie de les rendre acteurs !

Quel est pour vous le gros atout de l’école dehors ?

Bouger ! C’est paradoxal, mais le fait de bouger les rend plus attentifs. Ils n’ont pas l’impression de travailler, et pourtant, c’est bien le cas. Je constate que mes élèves sont toujours souriants, qu’ils réclament et attendent cette séance avec impatience. Ils sont plus détendus, moins stressés à l’idée de se tromper. En classe, le cahier, l’écriture, gardent la trace des erreurs. Dehors, beaucoup de choses sont orales, et lorsqu’on écrit, c’est sur des ardoises : ça s’efface.

Qu’est-ce qui vous a surprise ?

Que la majorité de mes élèves n’aiment pas se salir ! A vrai dire, aucun d’entre eux n’aime se salir : ils ne sautent pas dans les flaques, ils n’aiment pas patouiller dans la terre, ils détestent avoir les pieds mouillés... Ils ne se laissent pas aller, dans la nature. Ça me frappe.

En revanche, ils sont très sensibles au respect de la nature. Les déchets qui traînent les choquent. Cette sensibilisation-là est bien ancrée. Et quand l’autre jour, on a aperçu un écureuil, ils étaient subjugués !

Si c’était à refaire ?

Après cette première année de test, j’aimerais être plus structurée et avoir construit ma programmation sur l’année complète dès la rentrée. Je compte aussi être plus régulière, même si les intempéries ne facilitent pas toujours la tâche : quand il y a de gros coups de vent, le parc est fermé par arrêté municipal. J’ai maintenu certaines séances malgré la pluie, mais les enfants ont froid et se plaignent rapidement.

Pour construire mes séances liées à la nature, je profiterai davantage des saisons. Cette année, j’ai calé les séances sur les arbres en hiver, alors que ça aurait été plus parlant à l’automne par exemple.

Ecole du dehors à Chaponnay le 28 novembre 2025

Dans ce domaine – les arbres, les insectes, les oiseaux...- je compte me tourner vers une association spécialisée : je n’ai pas suffisamment de connaissances naturalistes. Mais en tout cas, je rempile l’année prochaine, c’est déjà décidé ! Et j’espère entraîner quelques-uns de mes collègues dans cette aventure !

Photographies : Antoine Bourreau.

  • L’école à ciel ouvert, le manuel scolaire complet pour enseigner dehors, De la fondation Silviva avec le soutien du WWF Suisse, éditions de la Salamandre.

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Travailler le champ lexical du sport

Quel talent ! Sam a pu découvrir toutes les capacités sportives du chevreuil ! Non seulement le chevreuil court, saute, nage et combat comme un champion, mais en plus, son corps ressemble à celui d’un athlète de haut niveau ! Vos élèves vont jouer autour du vocabulaire du sport et créer un jeu pour la classe ! Ils seront capables de repérer dans un texte les mots appartenant à un champ lexical donné et de proposer des mots appartenant à un champ lexical choisi.

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