© Océane Meklemberg

Jouer dehors, pourquoi ce n’est pas si simple…

« Allez jouer dehors ! » : lancée il y a 25 ans, cette invitation ravissait les enfants. Jardin familial pour les plus chanceux, friche ou coin de verdure en bas de l’immeuble, parc ou forêt à portée de vélo : ils avaient là de quoi s’occuper des heures, s’inventer une histoire, fabriquer une cabane, préparer une soupe de boue ou de pissenlits. « Allez jouer dehors ! » : qu’en disent les enfants d’aujourd’hui ? Au mieux, ils sortent en traînant des pieds… et rentrent souvent au bout de dix minutes, faute de savoir quoi faire. Au pire, ils refusent de lâcher leur écran. Que s’est-il passé pour que jouer dehors déconcerte à ce point autant d’enfants ? Et comment accompagner leur (re)découverte de la nature ?

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Des enfants déconnectés de la nature

Comme chaque mercredi matin, Matteo et Leïla vont avec leurs copains de petite section au parc municipal, à quelques (petits) pas de leur école, en banlieue toulousaine. Babette Maricourt, leur enseignante, est rôdée : cela fait dix ans qu’elle emmène ses élèves dehors chaque semaine. Elle a trouvé un coin un peu sauvage autour du terrain de football. Ici, pas de gradins, mais de douces buttes herbeuses tout autour du terrain. Pour un enfant de 3-4 ans qui mesure 1 (petit, parfois) mètre, ce sont presque des collines ! Chaque année, donc, Babette Maricourt organise, entre autres activités, une chasse au trésor avec des figurines disséminées sur un coin du terrain et la butte : « Au fil des années, je me suis aperçu que les figurines cachées en haut de la butte n’étaient jamais découvertes. Pas parce qu’elles étaient mieux cachées que les autres ; mais parce que les petits ne grimpent plus sur la butte… Beaucoup sont patauds. Ils ont perdu l’habitude de crapahuter dans la nature, de grimper en haut d’une butte, de redescendre sur les fesses ou en courant ! Et certains ont peur de se faire mal ou de salir ! »

Ruth Joiner, de l’association L’École Buissonnière et cofondatrice du réseau RPPN (Réseau français de pédagogie par la nature), rajoute : « Je me souviens d’un enfant, qui voyant des violettes, me dit :’’Ah, elles s’appellent violettes, ces fleurs violettes ?’’ ou d’une fillette qui, voulait donner à manger à un âne et a saisi à pleines mains une poignée d’orties. Je pensais que tous les enfants savaient que l’ortie pique, ou que la violette tire son nom de sa couleur… ». Ces observations qui constatent la déconnection des enfants à la nature, conjuguées à la place prise par les écrans dans la vie des enfants, à l’urbanisation et aux craintes des parents de laisser les enfants jouer dehors, aboutissent à ce qu’on appelle le syndrome du manque (ou du déficit) de nature, traduction du « Nature deficit disorder », défini en 2005 par le journaliste américain Richard Louv, dans son livre Last Child in the Woods (1). Il note que les enfants d’aujourd’hui grandissent entre quatre murs plutôt que dehors, et détaille les effets de ce manque de lien à la nature sur leur santé psychique et physique (angoisse, troubles de l’attention, dépression, etc.).

Aujourd’hui, de nombreuses enquêtes rendent compte de ce déficit. Ainsi, une étude de 2015 (2) signale que pendant les jours d’école, près de 4 enfants sur 10 de 3 à 10 ans ne jouent jamais en plein air. Cette vie hors-sol, sans contact avec l’extérieur et sans beaucoup de dépense physique, a un impact sur la santé : en grande section, un enfant sur 8 (12%) est déjà en surpoids ; en CM2, c’est près d’un enfant sur 5 qui l’est, chiffre stable durant toute l’adolescence (3).

© Océane Meklemberg

« La nature, ça pique, ça gratte, ça me fait peur ! »

Au milieu de cette nature qu’ils fréquentent si peu, quantité d’enfants ne sont pas à l’aise. Cette méconnaissance, et la peur qui l’accompagne fatalement, donnent lieu à des scènes qu’aucun animateur nature n’aurait imaginé il y a 20 ans. Car aux yeux d’un enfant qui joue peu (ou pas) dehors, la vie au grand air est remplie de choses qui effraient ou dérangent ! Marcher pieds nus dans l’herbe ? Bien des enfants (qui n’ont jamais essayé) répondent : « Ah non, beurk, c’est dégoûtant ! »

Ramasser un bâton en forêt ? D’accord, mais avec un mouchoir en papier, pas à main nue… D’autres ont peur des petites bêtes qu’ils croisent, les mal-aimées traditionnelles – araignée, limace, guêpe, etc. – mais aussi celles qui ne bavent pas, ne rampent pas ou ne piquent pas ! Parfois, ils surréagissent, comme Tom, 5 ans, qui s’écrie : « Il faut l’écraser » dès qu’il aperçoit une mouche, ayant étiqueté « animal à détruire » tout ce qui vole, car sa peau attire les moustiques… D’autres sont effrayés par les mauvaises herbes qui s’accrochent au bas du jogging et qui ne sont pas, contrairement à ce qu’ils supputent, des plantes carnivores !

Faute de repères dans la nature, beaucoup d’enfants se laissent dominer par les peurs. Peur archaïque (« c’est différent de d’habitude, ça pique, je ne connais pas, j’ai peur »), légitime (peur de se perdre en forêt), ou tout droit sorties de l’imaginaire enfantin, ajoute Ruth Joiner : « J’accueille les enfants dans un bois. Les plus jeunes me demandent souvent s’il y a un grand méchant loup. Je ne m’y attendais pas… mais c’est logique : pour un 4-6 ans, l’imaginaire de la forêt est forcément peuplé de loup et de sorcière ! Alors je les rassure. Je dis qu’il n’y a ni l’un ni l’autre mais que si on a de la chance, on verra des oiseaux, des écureuils. Les plus gros animaux se sont éloignés car nous faisons du bruit ».

Peurs de l’enfant… ou peurs héritées de ses parents ?

En plus de ses propres peurs, l’enfant se fait souvent le porte-parole de celles de ses parents. La première d’entre elles ? Qu’il se fasse mal. Laura a accompagné sa fille Lilou, 5 ans, pendant l’école dehors du mardi matin, dans le Tarn. Les premières séances dans les bois lui ont donné des sueurs froides. « L’enseignante m’avait confié un groupe tranquille, mais j’étais sur le qui-vive. Je m’entends encore répéter : ’’Doucement !’’ ou ‘’Oh, ne touche pas ça !’’ ou ‘’Attention, tu vas tomber’’ à chaque fois qu’un enfant s’aventurait sur un rocher, tripotait une plante ou grimpait dans un arbre. En discutant ensuite avec l’enseignante, j’ai réalisé que j’avais une vision de la nature très ‘’domestiquée’’. Petite, j’ai grandi en ville, avec des parents citadins et très occupés. Devenue mère, j’emmène Lilou dans des endroits civilisés : parcs, jardins, sentiers côtiers. Rien de vraiment sauvage ! » Pauvres parents surprotecteurs qui, voulant bien faire, seraient prêts à passer un coup de balai dans la forêt pour éviter à leur petit de tomber sur un caillou pointu ou s’égratigner contre une ronce…

Autre peur fréquente : l’enfant va se salir. Babette Maricourt se souvient d’une mère qui avait équipé sa fillette d’un anorak blanc, un jour d’école dehors : « Elle ne l’a jamais refait. » Eh oui, quand l’enfant joue dehors, il revient ravi mais boueux ! Sarah Wauquiez, enseignante, pédagogue par la nature, psychologue et auteure de plusieurs ouvrages majeurs sur le sujet (4), signale : « Dans la culture alémanique ou des pays du Nord, le plein air est important. L’air pur est vu comme un ‘’remède’’, essentiel pour le développement de l’enfant et sa santé. Quand une mère suisse va chercher son enfant à la fin d’une journée d’école dehors et qu’il est couvert de boue, elle dit : ’’Dis donc, tu t’es bien amusé !’’ alors qu’en France, la nature est encore souvent vue comme dangereuse : on peut tomber malade, s’y blesser, se salir. Quelques parents disent : ’’Mais pourquoi tu t’es sali ?’’. Pour eux, un enfant propre symbolise leur statut social ; ils préfèrent donc récupérer leur enfant propre que boueux ! » Pour détendre les enfants, Ruth Joiner annonce d’emblée : « Ici, vous avez le droit de vous salir, vos parents sont au courant ! Et c’est de la boue propre, pas comme celle du parking de l’école… » Avant de confier : « La boue part au lavage, mais les souvenirs, eux, restent pour toute la vie ! »

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La génération indoor ne sait plus quoi faire dehors

Pour cette génération indoor, comme ces premières séances dans la nature sont déroutantes, malgré ce tronc d’arbre facile à escalader ou cette rivière qui glougloute à deux pas ! Sans jeu vidéo, sans adulte, sans jeu aux fonctions prescrites, l’enfant s’ennuie. « S’il n’a pas développé sa créativité, il ne saura pas quoi faire de ce caillou troué au milieu, ni communiquer avec les autres enfants pour inventer ce qu’ils pourraient en faire », note Sarah Wauquiez. Crystèle Ferjou, l’une des pionnières de l’école du dehors en France (aujourd’hui conseillère pédagogique), enseigne auprès d’enfants de maternelle dans les Deux-Sèvres quand elle débute l’école en forêt en 2010. « Les premiers temps, beaucoup de petits étaient si habitués à être dans des lieux fermés, avec des activités prescrites, qu’ils étaient désœuvrés. Ils ne nous lâchaient pas la main. Pour accompagner leur découverte, on a proposé quelques activités : un panier sous le bras, on cueillait de petites feuilles de pissenlit, de l’oseille sauvage. »

Peu à peu, les enfants prennent leurs marques, se détendent. Et de belles découvertes deviennent possibles, indique Sarah Wauquiez : ce petit garçon qui tournait en rond dehors, habitué qu’il était à jouer (dans sa chambre) avec ses figurines Star Wars, découvre, émerveillé, des bouts de bois qui ressemblent… à ses figurines adorées ! Et cet autre enfant trouve un nid de guêpes vide et réalise d’un coup que la nature, c’est du 3D, pas du 2D ! Mais avouons-le, le parent ne présente pas toujours la nature sous un jour follement séduisant : l’adulte aime randonner ? pédaler ou courir en forêt ? Grand bien lui fasse. Mais l’enfant, lui, aime s’arrêter, sauter sur les rochers, enjamber un ruisseau, grattouiller la terre, grimper dans un arbre et s’inventer des histoires !

Répondre aux peurs de l’enfant

Comment habituer l’enfant à être tranquille dans une nature qui peut être inconfortable ? C’est vrai, les moustiques piquent, les ronces griffent et les limaces bavent. « Mais on ne va pas en faire un drame, s’amuse Crystèle Ferjou. Il faut apprendre à dépasser ces petits bobos, pas plus inconfortables que le fait de rester assis six heures par jour ! » Peur de l’insecte posé sur sa jambe, de cette pierre derrière laquelle se cache peut-être un serpent ? « Ces petites appréhensions liées à la méconnaissance ou l’inconfort se déconstruisent ; elles s’en vont avec la régularité. Au bout de quelques sorties, l’enfant est rassuré », explique Sarah Wauquiez qui rappelle aussi la fonction modèle de l’adulte : il questionne l’enfant, recherche le contact avec la chose qui lui fait (un peu) peur, jusqu’à ce qu’il s’y habitue.

C’est ainsi qu’il aide l’enfant... à condition qu’il ait travaillé sur ses propres peurs ! Et c’est ainsi que l’enfant apprend à vivre avec ces petits obstacles qui font partie de la vie, sans se laisser distraire de son but ou de son plaisir… Ruth Joiner propose aussi de remplacer nos phrases réflexes (« Tu vas te faire mal ! ») par des questions plus concrètes : « Tu vas mettre le pied où ? » ou « As-tu remarqué que ces rochers glissent/cette branche est fragile ? » Ce sont des changements subtils, mais ils permettent à l’enfant de poursuivre ses explorations et de prendre de (petits) risques sans stress.

L’enfant et le jeu libre : un autre apprentissage

Une fois qu’il a pris ses marques et tissé un lien affectif avec ce lieu, l’enfant peut expérimenter cet espace de découvertes infinies. Il n’est pas dérangé par le bruit de ses copains (contrairement à ce qui se passe en classe) ; il peut s’éloigner, être seul s’il en a besoin, coopérer avec les enfants qui se trouvent à ses côtés pour déplacer ce rondin et en faire un banc ou un avion. De plus, il n’est jamais en échec, dans la nature ! Face à une difficulté, par exemple enjamber ce ruisseau, il va tester une idée (« et si je me servais de cette branche comme d’un pont ? »), puis une autre, encore, jusqu’à trouver la solution (mettre de gros cailloux au fond de l’eau pour traverser le ruisseau les pieds au sec).

Pendant ce jeu libre, initié par lui seul, il aura pris confiance en lui, échangé avec les autres, fait preuve d’imagination, appris de ses expériences, surmonté la difficulté, aiguisé sa curiosité. Il se sera aussi dépensé, aura développé son habileté motrice, sa concentration ; et surtout, il se sera nourri du plaisir intense que ce jeu lui aura procuré. Enfin, tout ce qu’il aura appris dehors rentre par tout le corps : par sa tête, bien sûr (qui réfléchit, comme ça se passe en classe) mais aussi ses sens, ses gestes, son corps en entier ! Cela valait le coup de l’inviter à sortir, non ?

Enseignant du dehors : une nouvelle place, un nouveau regard

Crystèle Ferjou prévient : « Cette expérience du dehors va modifier en profondeur notre façon de faire classe à l’intérieur, pour continuer à répondre aux besoins des enfants tels qu’ils s’expriment et qu’on les a découverts différents à l’extérieur. Dehors, on répond mieux aux besoins de chaque élève ; on fait plus facilement de la pédagogie différenciée ; et les enfants ont plus d’espace ». Mais surtout, en étant non plus initiateur des activités mais accompagnateur, l’enseignant prend l’habitude d’observer ses élèves. Or, observer les élèves en classe, c’est un luxe qu’il n’a pas ! Oui, abandonner sa casquette de sachant, sa position de diffuseur de savoirs pour observer ses élèves, c’est une véritable révolution, pour l’enseignant…

D’abord, pour Sarah Wauquiez, « l’adulte remarque les autres compétences que les élèves déploient dehors (la curiosité, la créativité, les compétences motrices, etc.), ce qui lui donne une vision plus globale de chaque enfant. Il peut ainsi remarquer qui sont les leaders dehors (rarement les mêmes qu’en classe) ». Il peut aussi avoir plus de patience pour cet élève pénible en classe mais qui, dehors, révèle une autre facette – la plus belle – de sa personnalité : il est attentionné avec les autres, créatif et très habile de ses mains. Et comme il y a plus de discussions entre les enfants et lui, des conversations plus conviviales, moins ‘’préparées’’ par l’enseignant, sur des sujets qui ne trouveraient pas leur place en classe, la relation est plus détendue, plus personnelle. Elle termine : « Les compétences clés de la vie du 21 esiècle, la créativité, la collaboration, la motivation d’apprendre, ce n’est pas forcément dans une classe qu’on les développe… » Et ça, l’enseignant du dehors l’a bien compris. Ainsi que l’enfant. Qui compte bien ne pas rentrer tout de suite, tout compte fait…

Le « mauvais » temps… Quel mauvais temps ?

Enfants gâtés que nous sommes, nous râlons dès qu’un nuage assombrit le ciel. « Météo pourrie », « Il fait un sale temps » : nos expressions reflètent cette frilosité qui nous incite à rester au chaud et nous fait redouter, si l’enfant sort, qu’il prenne froid. Cette prudence hexagonale fait rire la galloise Ruth Joiner et la suisse alémanique Sarah Wauquiez, qui ne craignent pas de sortir s’il fait frisquet ou pluvieux ! Pour se convaincre que l’enfant ne va pas tomber malade parce qu’il sort un jour pluvieux, souvenons-nous que les écoles du dehors sont nées dans les pays scandinaves, pas réputés pour leurs climats secs ; en Ecosse – qui s’y connaît en intempéries –, l’école dehors est même plébiscitée par le ministère de l’Éducation ! Et gardons en tête cet adage des pays du nord (plusieurs en revendiquent la paternité) : « Il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que de mauvais équipements ».

Enfants des villes, enfants des champs

On pourrait imaginer que les enfants de la campagne sont plus à l’aise avec la nature que les enfants des villes ? Ce n’est plus si vrai. Pour Crystèle Ferjou, « Jusque dans les années 1980, les enfants ruraux avaient l’habitude d’être dehors, dans les jardins ou le quartier. Mais ce qu’on a observé partout – la surprotection parentale – s’est aussi développée en milieu rural : les enfants sont rentrés à l’intérieur. » Résultat : le lien spontané, naturel, de ces enfants à leur milieu s’est rompu. Monique, une jeune grand-mère qui accompagnait sa petite-fille (en classe avec Crystèle Ferjou) pendant les sorties nature, confirme : « Je suis une fille de la compagne, mes parents travaillaient à la ferme. Ils étaient trop occupés pour s’occuper de nous. Ensuite, devenue manutentionnaire, je n’ai pas eu le temps de faire des activités nature avec mes enfants ; aujourd’hui, je suis ravie de prendre ce temps dans la nature avec des petits ! »

Émilie Lagoeyte, animatrice nature, ex-enseignante, fondatrice d’Éveil et nature (5), signale : « C’est étonnant : on est en contact avec des familles parisiennes qui plantent des radis sur leur micro balcon, alors que d’autres familles issues du milieu agricole sortent peu ! Elles n’ont pas transmis cette culture du dehors à leurs enfants ». Crystèle Ferjou rajoute : « L’école a un vrai rôle à jouer, car ces parents ne savent pas quoi faire dehors avec leurs enfants. La bonne nouvelle ? Les parents racontent que quand leurs enfants font l’école dehors, ils ont envie de jouer dans le jardin. Et ils y vont seuls, autonomes ! ».

(1) Une Enfance en liberté (traduit en français en 2019), Leduc.s Éditions.
(2) La pratique des jeux de plein air chez les enfants de 3 à 10 ans dans l’Étude nationale nutrition santé, Institut de veille sanitaire (devenu Santé Publique France), 2015.
(3) Chiffres tirés de Enfants mineurs, quelle égalité ? Insee, décembre 2020.
(4) Dont L’École à ciel ouvert, avec Nathalie Barras et Martina Henzi, La Salamandre/Fondation Silviva.
(5) eveil-et-nature.com

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